Grand Juillet rendez-vous littéraire 04-12.07.26 Genève
Bains des Pâquis
The Seaweed Collector's Handbook: From Purple Laver to Peacock’s Tail
Miek Zwamborn
Parc Beaulieu
Photo : Rama
Inachevée, vivante
Pierrine Poget
Des graines et des paroles
Denise Mützenberg
Le grand fleuve Amour
Leta Semadeni
Comme des bêtes
Violaine Bérot
Ferme de Marsillon
Le vrai visage de la pluie
Jonathan Dumani
Calendrier du Grand Juillet
Du 4 au 12 juillet 2026, le matin et le soir
Référence temporelle:
Les durées annoncées sont indicatives,
les rencontres auront leur propre rythme…
En continu
Photo : Malik Andina
Fabio Andina est un auteur passionné. Son écriture sensible et inventive, explore les nuances de l’humain et du monde qui l’entoure. Ses écrits nous ramènent à la nature, parfois dans les Alpes Tessinoises ou dans le passé. Suspendu sur le fil de l’émerveillement et de la rencontre. Toujours en quête de nouvelles formes et de dialogues avec son lectorat, Fabio Andina se joint à Grand Juillet, le texte devient alors une expérience à vivre, à partager et à prolonger.
…va pas t’imaginer que j’ai du vin, c’est de l’huile d’olive… (Jours à Leontica)
Stéphane Lessieux
D’abord il y a l’écriture, puis il y a les bêtes, puis il y a l’écriture. Entre, il y a le théâtre, l’été, la nuit, les histoires. Violaine Bérot écrit comme se promène le soleil, ruisselle la pluie. C’est vif, singulier, ardent. C’est dépouillé, cela n’appartient à aucun code et cela renverse tout.
L’inviter, c’est inviter une autrice engagée qui a fait de la précarité un manifeste, de la liberté une évidence, et de la solitude au grand air un rassemblement. Quelles noces cela promet à Grand Juillet que de l’avoir à nos côtés !
…les bêtes, les humains, le rapport vous le voyez plus trop… (Comme des bêtes)
Photo : Céline Levain
Inviter Sandrine Bonnaire, c’est inviter un visage, une personnalité, et un engagement. Que cela soit auprès de cinéastes d’exception comme Maurice Pialat (elle reçu avec lui le César de la meilleure révélation féminine, puis la Palme d’Or au Festival de Cannes), Agnès Varda (César de la meilleure actrice), André Téchiné, Jacques Chabrol… ou sur les planches, Sandrine Bonnaire emporte cœurs et âmes et sait faire d’un mot ou d’un silence : un monde.
Photo : Wiktoria Bosc
Patrick Chamoiseau invente depuis des décennies des livres dans lesquels se mélangent et s’augmentent des langues, des visages et des paysages. Ses textes invitent aux rencontres et aux métissages, afin de voir la créativité et la pensée pétrir leurs possibles et repousser leurs limites. Il sera notre splendide dernière promesse de l’aube de cette première édition.
…tenter l’écart vrai d’un chemin de corsaire… (Écrire en pays dominé)
Photo : Wiktoria Bosc
Alexandre Chollier a fait son entrée en librairie en pensant « autour du cairn ». Il a ausculté ces amas de pierres qui s’érigent bornes et totems. Il a fait des frères Reclus une boussole des Éditions Héros-limite, y créant la collection « géographie(s) ». Avec lui Grand Juillet aime les cailloux qui s’amoncellent, la cartographie qui ruisselle et les lieux vécus comme pluriels.
…certains, heureusement, ne s’en laisseront pas conter… (November November)
Eddy Mottaz / Le Temps
Corinne Desarzens est une figure reconnue du monde littéraire suisse. Critique, lectrice passionnée et grande amoureuse des livres, elle consacre une part importante de son travail à la diffusion de la littérature et au partage des écritures contemporaines. À travers son regard affûté, elle explore des œuvres de tous horizons. Elle aborde les livres comme des espaces sensibles d’échanges, où se rejoignent les idées, les imaginaires et les émotions. Son approche conjugue rigueur, curiosité, passion et générosité, faisant d’elle une interlocutrice précieuse pour qui souhaite comprendre, découvrir ou approfondir les œuvres littéraires qui traversent notre époque. Elle a obtenu cette année 2026 le Grand Prix Suisse de Littérature.
… un livre est une entreprise de débroussaillage. Il nettoie… (Un roi)
Photo : Yannick Luthy
Jonathan Dumani est un artiste et auteur suisse, à la fois poète, rappeur, performeur et sérigraphe son travail se déploie au cœur de la langue, des formes et des territoires. Né à Neuchâtel, d’une mère anglaise et d’un père égyptien et uruguayen, il inscrit dans son parcours une identité traversée par les héritages. À travers ses textes, il fait émerger une langue vivante, en mouvement.
… passé cyclique. Sublime présent. Futur truffé d’incertitudes mais j’suis confiant… (Le vrai visage de la pluie)
Photo : Tarik Bellahcene
Anne Herbauts, qui écrit son prénom aNNe, est une autrice et illustratrice belge dont la finesse du trait et la poésie de l’écriture envoûtent littéralement. Plus de quarante albums, des bande dessinées, plusieurs prix reçus, et toujours un monde ensorcelant… Aussi discrète que célébrée, sa venue au GJ est un vrai cadeau.
…Je suis un archipel qui s’aimerait terre ferme… (Où il est question de main et de météore)
Photo : Roman Lusser
Blaise Hofmann est un sac-à-dos et des chaussures de marche devenus socles. Le sol de son enfance est balançoire et trampoline. Quand il s’en va ailleurs, c’est pour mieux écrire ce qui l’aménage et le déménage ici. Il fait du vin ici pour mieux s’enivrer du souvenir et du désir de l’ailleurs. Il incarne le territoire qui se vit comme un fondement et comme un ferment.
…on peine à se souvenir que les mots « humus » et « humilité » ont la même racine latine… (Le procès de l’agriculture)
Photo : Vakarcs Loránd-Béla
Florina Ilis, littéraire jusqu’au frémissement des sourcils, a débuté sa carrière en écriture avec un recueil de poésies illustrées par des calligrammes. Dès l’entame, ses textes sont des centrifugeuses à imagination. Son premier roman, incisif, cassant et tendre, confirme que cette nouvelle plume en a sous les ailes : histoires et poésie plongent de puissantes racines dans son être.
…le jour où tu en as marre de faucher, tu en as marre de la vie, aimait dire le vieil homme… (La croisade des enfants)
Photo : Robin Gillanders
Poétesse écossaise, essayiste, magicienne, observatrice, Kathleen Jamie est encensée en Angleterre. Elle a la parole et l’écrit rares et forts. Quand on lui demande que peut la poésie, elle répond : « il ne faut pas de voix poétique, il y en a trop. Il faut écouter. » It’s all about listening. Écouter qui parle à qui, écouter les scientifiques, écouter entre les lignes. On avance à ses côtés en un ailleurs proche autant que lointain, où chaque détail devient monde, où ce qui disparaît est encore capable de beauté. Il suffit de regarder, de savoir regarder et de savoir partager ce regard. Rencontrer Kathleen Jamie, c’est voyager et explorer la part intime, sauvage, culturelle de ses paysages. C’est de l’éco-poésie, de l’anthropologie, les entrailles d’une baleine et le cycle des saisons. Une voix incontournable que Grand Juillet rêvait de fêter.
…tu ne parles pas, mais c’est parce que ta voix ne t’a pas retrouvée… (Cairn)
Labor et Fides est une maison d’édition genevoise fondée en 1924 avec une vocation protestante et humaniste. Depuis 1992, fidèle à son enracinement, elle élargit son public en offrant une formidable caisse de résonance aux questions fondamentales de notre époque.
Le 13 avril 2020, le critique littéraire Jérôme Garcin publie dans le magazine Le Nouvel Observateur une chronique intitulée « Nicole Lombard, la hussarde sur le toit ». Cela commence ainsi : « Quand le moral est bas, il faut prendre de la hauteur. Et en bonne compagnie. Mon conseil : montez, sur les flancs de l’Aubrac, à 1300 mètres d’altitude pour y retrouver Nicole Lombard. » C’est donc ce que nous avons fait, en allant à la rencontre de cette grande dame qui ne se déplace plus mais dont la voix, enregistrée lors de notre échange, ouvrira chacun de nos rendez-vous.
… Lire, lire et relire. Chercher des secrets… (Les affrontailles)
Photo : Simon Mastrangelo
Eva Marzi écrit en pointillés pour dessiner des cœurs où dansent des rivages et fredonne la lumière. Ses deux recueils sont de petites clairières, des pensées et des sensations y murmurent. Dans son travail en cours, poésie et narration fredonnent ensemble pour pétrir d’importantes arborescences.
… y a-t-il en moi / quelqu’un à sauver ?… (Hippocampe)
Aimer la littérature, c’est aimer la langue, c’est aimer les langues. Aimer les langues, c’est aimer la terre, c’est aimer les territoires. Denise Mützenberg est une autrice et éditrice suisse romande écrivant en romanche et travaillant avec passion à son rayonnement. Aimer le romanche, c’est aimer le vent, le secret des broussailles. C’est aimer ce qui rassemble.
Son invité est Christian Viredaz, qui respire en poésie, dans sa langue et celles des plumes qu’il traduit.
… déjouer la peur, comme on chante en traversant la forêt… (Des graines et des paroles)
Photo Francesca Mantovani / Gallimard
Marie NDiaye compose depuis quarante ans une œuvre lumineuse récompensée par de nombreux prix. Sa langue traverse les tensions humaines, nos désirs comme nos contradictions, quêtant un monde où l’anormalité a sa place. L’écouter parler de son travail, c’est écouter, aussi, ses silences ; c’est rejoindre une voix qui ne cesse de nous emporter, et surprendre.
… allons entendre ce qui se chuchote là-bas, et à ceux qui nous interpellent tâchons de répondre… (Y penser sans cesse)
Photo : Irina Popa
Pierrine Poget est une voix singulière de la littérature contemporaine suisse. Elle écrit comme on avance dans un paysage, attentive aux traces, aux mouvements minuscules. Son texte est une exploration, on y découvre une langue habitée qui se déplace et s’aventure dans la mémoire, les souvenirs, au fond de soi. Une œuvre qui se dédie à l’autre, aux territoires traversés, profondément humains.
…nous n’aurons que des années, plusieurs fois quatre saisons… (Inachevée, vivante)
Photo : Jose González
Lorsqu’une femme ancre sa langue dans sa terre familiale, dans les mains, les corps, les silences et les récits des femmes qui ont marqué son enfance et fait d’elle la femme, autrice, activiste et vétérinaire de campagne qu’elle est devenue : tout fait promesse. Poursuivant une œuvre replaçant le monde rural au cœur de la vie humaine, l’écriture de María Sánchez est poésie et hymne, chant et chorale, colère et tendresse. Sa venue promet un moment hors du temps, à fleur.
…moi aussi, j’ai hérité du nom… (La terre des femmes)
Isabelle Sbrissa observe et écoute afin de brasser les mots au plus juste, de sentir encore davantage les couleurs et les sons la traverser. L’attention de ses pages à ce qui voisine son souffle et son regard nous appelle à nous rapprocher de notre intelligence émotionnelle, à écouter nos rythmes.
…l’air s’incarne face aux vivants, que la goutte prend sans tomber… (Tu es la sœur que j’ai choisie)
Mayk Wendt
Lauréate du Grand Prix de Littérature suisse 2023, Leta Semadeni déploie une écriture ciselée et musicale plantée dans la terre des Grisons. Une grande dame, au phrasé élégant, percutant, sauvagement poétique.
…elles avaient existé, les îles inondées de soleil… (Le grand fleuve Amour)
Photo : Gaël Turine
30 ans, déjà. 30 ans déjà que le génie littéraire, philosophie, politique, cinématographique, dramaturgique que fut Marguerite Duras, nous a quitté. Jean-Marc Turine, auteur, producteur radiophonique et réalisateur belge, a été son ami, son collaborateur, le témoin du travail acharné, des batailles et des chutes de cette personnalité hors norme. Il était évident que nous n’aurions pour rien au monde manqué la possibilité de l’inviter pour, à ses côtés, interroger tant leur relation, et ce qu’elle a nourri en lui, que sa propre œuvre, engagée, et entière.
…un oiseau je veux être un vrai très grand… (Le cahier de David Jannapolli)
Christian Viredaz respire en poésie, dans sa langue et dans celles de plumes aimées qu’il traduit au plus près de son cœur. Une vie à voyager (avec) les mots, à les faire bouger, dans sa poitrine et dans nos yeux. Dans nos oreilles, aussi, vu qu’il se prête volontiers à des envolées « slammées ».
… elle aussi était allée cueillir les mûres qui tachent les mains de sang… (Fleurs d’ombre)
Photo : Roeland Fossen
Parce que c’est elle, parce qu’elle a créé en Ecosse un lieu dédié à l’art et la préservation de la nature ; parce qu’elle est une autrice époustouflante qui a écrit sur les plantes aquatiques, qu’elle aime, dessine, cuisine ; et parce que nous avons dans notre lac Léman des algues (bonnes et moins bonnes) : nous avons invité Miek Zwamborn sur l’eau, où nous la rejoindrons pour une rencontre matinale, vagues aux pieds.
… every word that exists was once spoken for the first time… (The Seaweed)
Pas encore traduite en français, elle le sera en 2027 grâce à sa venue au Grand Juillet 2026, et nous n’en sommes pas peu fières tant son travail nous époustoufle.